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Espace - Vertige d'Argentine et d'Antarctique déc-janv 2012-2013

Pour voir quelques photos cliquez sur les liens suivants:

- Chili-Bolivie-Argentine: http://sdrv.ms/Y8WQIC

- Peninsula Valdes: http://sdrv.ms/Y8Xje0

- Patagonie: http://sdrv.ms/ZN4c8D

- Antarctique: http://sdrv.ms/Y8XJAZ

Espace - Vertige d'Argentine et d'Antarctique déc-janv 2012-2013

Pour saisir la démesure de l’Argentine, nous allons la parcourir dans une boucle du Nord au Sud, comme si nous traversions l’Europe, et plus, d’Ouest en Est.

Imaginons notre premier tronçon « Malaga-Bordeaux » en ne croisant que 3 villages, 12 voitures, 3 charrettes, 8 motos, et peut-être 2 piétons. Pour le reste c’est un monde sans humains. On démarre avec les forêts vierges de Tucuman, puis les arbres deviennent arbustes et finissent par se cramponner au sol. En remontant vers le Nord, on traverse des vallées de plus en plus arides, qui se creusent en canyon avec des zig-zag de roches jaunes, rouges et « ocre-de Roussillon », des gris, du bleu-rochefort ; c’est la « Quebrada ». On dirait les lignes de portées d’un papier à musique colossal froissé par un géant très en colère.

Par les systèmes d’irrigation en bisse, on voit parfois apparaître une cabanette au milieu d’une oasis dans le vallon. Une haie de peupliers très serrés, brise le vent et permet de survivre à l’abri des sifflements.

Le vert-amende s’accroche à la rivière comme un mensonge et notre regard hypnotisé espère derrière chaque virage du cours d’eau que cette fausse tache se poursuive. 12 heures plus loin il ne survit que des touffes d’herbe, et le bus s’arrête au Paso de la Jama à 4300m ; c’est la frontière avec le Chili.

Nous redescendons sur San Pedro d’Atacama ; région andine des 25 plus grands volcans du pays, ils culminent presque tous à 6000m. Au bord des lagunes, à presque 5000m, en périphérie de sites géothermiques, nous voyons encore des troupeaux de vicuñas paître. (Ils font partie de la même famille que les chameaux et lamas). Ce sont les princes d’altitude, pouvant tenir de très longues journées sans boire, avec un poil très fin et très isolant. Sur ces hauteurs, ils ne rencontrent que le condor andin (3,5m d’envergure) comme prédateur.

Pour s’en sortir ils ont 2 parades imparables. La première est que les membres du troupeau urinent et défèquent tous au même endroit, sur 1-2 m2 pendant plusieurs semaines. Si un condor vient attaquer le troupeau, un mâle s’écarte du groupe avec un mouvement de boitillement trompeur, faisant croire à un animal faible. Le condor pense que la proie sera facile, puis le mâle au bon moment le surprend en piquant un sprint, et surtout passe plusieurs fois sur la toilette du troupeau. Par l’odeur très forte que celle-ci dégage, le condor est olfactivement déboussolé, perd sa proie, perd ses repères et repart en principe découragé !

Nous partons quelques jours dans le sud de la Bolivie, nous perdre dans le parc national de Sajama, sur l’Altiplano andin. Depuis San Pedro d’Atacama du Chili, nous remontons sur 50km la route nationale impeccable en direction de l’Argentine.

A quelques kilomètres du col, un panneau indique tout droit le col, et à gauche « BOLIVIE ». Mais, en fait à gauche, il n’y a rien (?), … pâturages, rivières et vallées. Mais le bus plante les freins sous le panneau et braque violemment dans les champs, sur une piste rock’n’roll. La carcasse hurle de vibration et l’on entend le chauffeur nous crier dans un tunnel de poussière ; « Voilà , la Bolivie c’est ça ! ».

10km plus loin dans le rien énorme : 2 cabanes. Un garde-frontière pèse de son poids sur la perche, qui monte au ciel, et nous tamponnons nos passeports dans l’une des 2 maisonnettes.

Pendant plusieurs jours, nous nous baladons entre 4000m et 5000m dans un monde qui nous fouette et nous brûle de bonheur les rétines. Des coloris et des pigments de roche juste fous.

Des colonies de flamands roses poinçonnent ces lagunes d’altitude, sur leur pattes en baguettes chinoises à genoux inverséss, dans ces lacs Rouges, dans ces bordures Blanches de sel, dans ces mousses Jaunes, avec leur bec si Jaune et si Noir , cadrés dans des ciels si Bleus comme Bleu-profond pur jamais vus.

La nature rend folles les rétines. Elle n’est jamais belle. Elle est puissante.

Elle nous fait dégringoler sur le toboggan du dedans, de notre dedans. On voit en bicéphale, au-dehors comme au-dedans, et sur plusieurs couches, et d’autres choses se mêlent encore ...

On a le regard en mille-feuilles, touché par la magie des idées claires, limpides, qui se bousculent dans ces moments.

Le toboggan du dedans est un fleuve qui perce la cataracte et la purge de toutes ses sensations blasées qui auraient pu s’y déposer. Nos concepts idiots et nos idées molles se décollent des parois et se dandinent sous la langue, comme une gorge qui se racle. Le regard s’acère et ne désemplit plus de mignardises de couleurs nouvelles. Et l’on regarde vers le ciel, ou l’horizon, mais l’on sait exactement qui se trouve derrière nous, le nombre de pas que nous faisons, et si notre index gauche à froid.

A 4500m sur l’Altiplano, la voie lactée est une des merveilles du monde. Et les larmes coulent. On ne sait plus si c’est à cause du vent violent, du froid, des yeux qui se plissent, ou du chaud du dedans.

On traverse avec ce regard une région qui nous emmènerait maintenant de « Bordeaux à Berlin », toujours sans y croiser la moindre habitation. Sur le nord de l’Allemagne on y trouverait le plus grand lac de sel du monde ; « le Salar d’Uyuni » (grand comme toute la Suisse-romande).

A 3600m d’altitude, au milieu de ce lac en dur (sans eau), ciselé par des pentagones, hexagones, heptagones, octogones de « Carrelages » de sel, il y a des petites îles de plusieurs dizaines ou centaines de mètres de hauteur. Elles sont recouvertes de corail fossilisé, et de cactus géants pouvant atteindre 10m. Et ces cactus ne poussent qu’entre 1cm à 3 cm/année. On est face à des multi-centenaires …!

La réserve de lithium que réserve le sous-sol du lac est énorme, mais la Bolivie a depuis peu été le premier pays au monde à introduire dans sa constitution le droit de la « Patchamama » ; = un droit constitutionnel réservé à la défense de la terre face aux abus et inconsciences que des entrepreneurs pourraient avoir à son égard. L’idée et l’acte font boule-de-neige dans différents pays d’Amérique du Sud.

Le Chili, par contre, est sur le point d’effacer de sa carte d’ici 5 ans tout le biotope absolument extraordinaire et unique qu’il possède autour de son « Salar d’Atacama » (5ème plus vaste du monde). Des entreprises canadiennes et chiliennes sont en train de se battre pour les concessions d’exploitation, et la Chine suit le pas. (Le lithium est l’or du 21ème siècle, matière utilisée dans toutes les puces et batteries d’appareils électroniques).

Toujours dans cette démesure, on poursuivrait notre route de nuit, « de Berlin à Kiruna en Laponie, tout au nord de la Suède», en roulant sur plus de 2000km dans une rabotteuse-à-collines. Toujours personne en vue, mais 500'000 vaches et chevaux qui remplissent un peu l’espace.

Au milieu du parcours s’organise une petite halte de Fêtes de fin d’année à Chori-Pan de Lucila del Mar, sur la côte, avec nos amis Laurent, Seb, Nico , Andy et toute leur famille d’Argentine.

Nous finissons sur un océan de buissons secs sur la côte atlantique ; c’est Puerto Madryn et la Péninsule de Valdès :

- Baleines, dauphins, orques, tatoos (sorte de petit mammifère entre un rat et une tortue) , ñandus (sorte d’autruche), zorros (grands renards), manchots, éléphants de mer (très gros phoques, pouvant peser jusqu’à 800kg et 4m de long pour les mâles), lions de mer (autre espèce de phoque plus petite, les mâles atteignent 2 m et possèdent une énorme « crinière » de graisse poilue.

Ces derniers sont l’exemple parfait du « machisme » dans sa pure et naturelle splendeur :Dans les colonies de lions de mer, chaque mâle détermine sur la plage son petit cercle d’influence. 4 à 10 femelles se réservent le macho. Celui-ci est obligé toutes les 3-4 minutes de rugir dans une feinte d’attaque en direction des 4-5 autres mâles avoisinants, qui lui répondent de la même manière. Aussitôt toutes les femelles le rassurent en venant lui faire des bisous très nerveux, et lui, dresse son poitrail énorme de graisse au ciel, le museau pointé au zénith.

Les femelles sont portantes 11,5 mois sur 12. Une semaine après la mise à bas du petit, elles tombent en chaleur pendant 2-3 jours, et le mâle se charge ainsi de les relancer sur la prochaine tournée. Le harem est calé sur la même semaine, et donc toutes les naissances sont regroupées.

Sur un coin de la colonie, nous avons suivi en 1 heure 4 naissances. Le vêlage dure environ 20 minutes. Au milieu de ses efforts, la femelle doit lutter contre les autres femelles du harem qui tentent de la repousser avec des gros coups de gueule. Mais quand elle se retire un peu trop du cercle, c’est un mâle voisin qui vient l’attaquer. Et le fœtus est déjà sorti de moitié, mais elle doit surveiller de très près la dizaine de très grosses mouettes qui la poursuivent pour se ruer sur le placenta dès que possible.

Au pic de ses efforts, elle continue à rugir dans toutes les directions. Dans la tension qui règne elle n’hésite pas parfois à attraper elle-même dans sa gueule son rejeton et le tirer d’un grand coup au-dehors…le bébé perce la poche, elle s’enroule autour de lui pour le protéger des mâles, des autres femelles, et des mouettes qui se ruent alors dans des cris assourdissants sur l’énorme flaque de sang dans laquelle repose l’énorme placenta. En 2 minutes, tout est poutsé, et c’est sa voisine qui entre en travail !

Pour saisir vraiment l’immensité du pays, on ne peut pas s’arrêter à « Kiruna en Suède», il faut poursuivre jusqu’à « Moscou » au sud de la Patagonie, … 2000km plus bas, avec cette impression de terres de plus en plus libres, dégagées de la main humaine. Là où les côtes du Pacifique s’approchent dangereusement de celles de l’Atlantique. Et la frontière danse alors entre les deux voisins chiliens et argentins.

Et certainement que le top mondial pour une vache est de vivre dans une vallée aux alentours du parc national du «Torres del Paine », tout près de Puerto-Natales (au Chili). Car les prairies sont sublimes. Elles sont pleines de fleurs rouges, de marguerites blanches, touffues d’un trèfle très épais, sillonnées de centaines de rivières avec des petits lacs sans moustique. Elles sont en bord de mer, donc pas de pentes, pas d’effort de souffle. Et après ce vide d’arbres sur près de 1000km dans cette descente au sud, les forêts reprennent leur place jusqu’à Ushuaïa. Et donc tous les recoins d’ombre plus magnifiques les uns que les autres sont disponibles pour distinguer tous les glaciers des sommets andins qui se jettent dans les innombrables fjords.

Le Glacier « Perrito-Moreno », véritable emblème national, est un des rares glaciers, faisant partie de cette énorme langue de glace du sud (400km de glaciers de long, sur 20km à 40km de glaciers de large), qui croît quotidiennement. Il avance de 2 mètres par jour, et se jette sur un front de 5000mètres de large dans un bras de mer. On a devant nous un mur de 60 à 80 mètres de haut qui continuellement se brise et s’écroule sous nos yeux dans des fracas de coup de tonnerre. C’est extraordinaire.

Dans ces recoins, nous sommes partis en duo avec Félix 15 jours en trek, parcourir plus de 100km à pied, entre glaciers, lagunes et condors.

Marie et Léo ont eu l’indécence de se dire qu’il y avait des terres encore plus australes que celles de la Terre de Feu : L’Antarctique. Ils ont pris le bateau et sont partis dans l’espace à la rencontre des jeux de lumière, des mouvements de cristal, de sculptures mouvantes. Autres mondes totalement autonomes, autres lois, autres rythmes, autre gravité, avec leurs lois de perfection.

Les Icebergs sculptures éphémères qui naviguent à la dérive, colossales forteresses de glace, sculptures mouvantes uniques. Et lors des promenades en apesanteur entre ces monstres, on découvre sans cesse des formes cachées, occultées et qui se révèlent dans ces métamorphoses, dans ces fragmentations. On est épuisé et émerveillé par la vision de tant d’êtres imaginaires.

Au royaume des manchots, on comprend très vite que nous ne serons toujours que des visiteurs, des hôtes. Nous sommes chez eux dans leur Maison, avec leurs potes les orques, baleines, phoques de Wedell, phoques léopard et dauphins. Ils connaissent toutes les astuces sur tout, et dans leur aisance, curiosité et sans-gêne nous positionnent presque comme des voyeurs.

De retour, on ne repose pas complètement pied sur le continent sud-américain. Le sourire reste pour longtemps suspendu, et le poids de l’eau et de l’air ont tremblés dans nos têtes.

« Somptueux » est certainement l’unique mot de la langue antarctique.

Une des facettes de l’Argentine est de celle-là : on est avalé, on bascule avec cette Nature dans des mondes autres, puissants et totalement autonomes, avec leurs lois d’équilibre et de perfection. Ce regard illimité dans la nature vierge est troublant. Lorsqu’on somnole et qu’on rouvre les yeux, on ne sait pas si l’on va voir apparaître un Aonikenk (indigène de Patagonie) de l’ère rupestre, ou du 18e siècle , ou voir rugir un bolide 4 x 4 du Paris-Dakar.

Ici la notion du temps et de l’espace est un vrai vertige que la chair ne nous permet jamais d’ignorer.

La nature n’est pas belle, elle est la puissante, elle simplifie et décuple à la fois nos désirs et nos visions.

On l’aura compris, presque 5000km du Nord au Sud ; l’Argentine n’est pas un pays, mais un continent !

Les petits riens :

-Sur les flots de Monsanto :

Nous partons pour Asunción, capitale du Paraguay.

8 heures que nous naviguons dans les campagnes inhabitées du nord de l’Argentine.

Dans sa course, le bus tangue légèrement de droite à gauche. Les passagers sont endormis. Il est 3 heures du matin et la pleine lune nous permet de distinguer jusqu’aux horizons cette mer intérieure infinie qu’est le soja. Du soja, rien que du soja.

Toutes les ½ heures apparaît une station Off-shore : elles sont bien illuminées et bien gardées ; ce sont 5-6 silos à grains qui attendent leurs tracteurs livreurs ou camions livrés. Ces petites garnisons sont généralement couplées à une station à essence YPF, et régulièrement accolés à des hangars Monsanto.

Et notre bus poursuit, comme un hydroglisseur, sa ligne vers la frontière.

Il est difficile en Argentine de se rendre compte de la taille du grand ou de l’énorme. Les journées de bus donnent une petite perception à cette démesure.

Un doigt sur la carte représente aussitôt 500 km.

Il y a 3-4 ans est sorti en Europe l’excellent documentaire de la journaliste française Marie-Murielle Robin ; « le monde selon Monsanto ».

Il doit être difficile pour un ogre de s’arrêter lorsque tout lui donne raison ; les facilités octroyées pour raser les forêts, déloger et déplacer les populations qui s’y trouvent, pistolet au poing, des gains en bourse vertigineux, multipliés par 5 sur ces 6-7 dernières années.

Le roi de la plaine verte argentine c’est Monsanto, même de nuit.

-Toilette acrobatique :

Dans les bus, le summum de l’habileté consiste à vaincre la machine à laver. Sur un ½ mètre carré, en ne s’appuyant qu’avec la tête contre la paroi, uriner au bon endroit permet de se faire une petite séance de musculation abdominale, dorsale et cervicale de tchi-gong en accéléré.

-Film & Bus :

Les bus argentins ne proposent que des films à flingue américains. On traverse des régions somptueuses, mais souvent insonorisées de carnages et d’explosions interminables, c’est sympa…

- Brique de crotte :

Nous avons rencontré Livio dans une estancia, au bord du lac Argentino (le plus grand du pays), à El Calafate. Bâties sur un socle de pierre en « patte d’éléphant », il construit des maisons en terre, parfois circulaires, en s’inspirant des techniques ancestrales. Dans chaque région du pays, il faut trouver le bon dosage entre terre, paille, foin, eau, car les textures varient selon les provinces. Il façonne également des grosses briques à base de crotte de cheval. Les armatures du mur sont des gros branchages, qu’il tresse au préalable et qu’il laisse parfois volontairement apparaître en surface, pour donner des dessins dans le relief. Il récupère toutes sortes de barreaux de chaise et table en bois, qu’il insère comme des mosaïques dans les murs. Les fenêtres sont des pare-brises récupérés à la décharge, entre autres ceux d’une 2CV, et qui suivent magnifiquement la courbure de cette yourte en dur. Pour accentuer les tombées de lumières à l’intérieur, il insère également des séries de bouteilles en verre dans les parois ; 5 jaunes ici en épis, 5 vertes inclinées en sens inverse, 3 brunes et 3 blanches pour souligner les barreaux de chaise, etc…, créant une impression de vitrail simple splendide.

Puis il crépit le tout, et crée ses peintures organiques à base de pigments de la région, mélangés à certaines huiles végétales.

- Cocaïne :

A Tucuman (Arg) nous décidons d’envoyer nos 4 gros sacs-valise directement par la poste au Pérou.

Dans le 1er bureau de douane après un contrôle intégral des affaires, nous recevons les tampons « scellés » qu’il nous faut fixer sur les sacs. 60 tours de gros scotch large par sac. Puis il faut traverser le centre-ville pour arriver au guichet postal. Impossible de les envoyer, car le scotch est transparent, et on voit les roulettes des sacs (?!). La chef nous oblige à les ré-emballer dans du sac-poubelle noir. Mais les papiers « scellés » ne se verront plus… et donc il faut retourner à la douane pour se refaire faire des papiers « scellés », pour pouvoir les recoller sur les sacs-poubelles noirs. Mais la douane ne travaille pas l’après-midi, car c’est vacances scolaire. On rentre 20km en taxi avec nos sacs non envoyés chez nos amis, puis nous revenons le lendemain matin à la première heure, en taxi, à la douane.

La douanière n’en croit pas ses oreilles et maudit ses collègues de la Poste. Elle nous réimprime les papiers « scellés ». Nous retournons acheter 6 rouleaux de scotch transparents larges. Nous ré-emballons en 2ème couche nos 4 sacs-valises avec leur 250 tours de scotch transparent large.

Mais juste avant de repartir pour la poste, la douanière se morfond en 4, nous laissant comprendre qu’elle aurait dû pour l’éthique nous faire ré-ouvrir au préalable et re-contrôler nos 4 sacs avant que nous les ré-emballions. Pour nous éviter cette manipulation, elle fait venir un exécutant d’un autre service de la douane, qui nous emmène en taxi (à nos frais), dans un 3ème service de la ville qui comprend un scanner d’aéroport.

Nous y passons les sacs. Ok pour les 3 premiers. Le 4ème présente des tiges très suspectes. Il m’oblige à l’ouvrir. Je découpe précautionneusement les 2 premières couches de scotch au cutter et retire le carton suspect : ce sont les tiges de colle pour mon pistolet-à-colle de la Migros. La douane argentine vient de recevoir des infos sur une importante opération de passage de cocaïne, et ces tubes ont exactement la forme et l’apparence des tubes dans lesquels on planquerait la marchandise ..!

3ème passage de 60 tours de scotch transparent large pour ré-re-fermer ce dernier sacs-valise. Nous reprenons à nos frais le taxi pour la poste.

Cette fois c’est OK, mais le prix excessif que la postière nous demande correspond à celui de l’envoi de paquets dans les pays en dehors de l’Amérique du sud. Nous lui remontrons l’adresse péruvienne sur nos valises. Elle part s’informer auprès de ses collègues et vient nous réaffirmer son prix. Nous réinsistons, … puis sa cheffe revient nous voir :

« …euh, oui, …le Pérou fait bien partie de l’Amérique du sud » !

Cette fois j’en suis convaincu ; l’Argentine n’est pas un pays, mais un continent.

- encore du mâle… :

En Argentine, une mère qui passe en duo la frontière (passeport en règle, même nom) avec son fils est suspecte. Il lui faut absolument une décharge-autorisation écrite du père.

Un père qui passe les mêmes frontières avec son fils (qui ne porte pas le même nom) n’affole personne.

A 4 heures du matin, pensant rater sa correspondance pour Ushuaïa, Marie s’est beaucoup énervée à la douane chilienne.

- En Argentine comme au Paraguay il fréquent de rencontrer des familles de 5 à 7-8 frères et sœurs. Le (la) premier (ère) de série a souvent 8-9 ans de plus que les autres, puis vient le tir groupé !

Petits Riens et merveilles d’Antarctique :

- L’Antarctique accueille chaque année 30'000 visiteurs.

- Le continent austral n’appartient à personne. Mais toutes les grandes puissances (Argentine, France, Russie, Chili, Australie, E-U, Japon) sont déjà en course pour l’avenir. Actuellement le traité de Madrid permet de préserver l’Antarctique dans sa neutralité, mais tous ces pays y ont stratégiquement implanté leurs bases scientifiques. Combien de temps ce traité résistera-t’il à la cupidité ? Il y a 20 ans a été créé l’organisme « Jatto » ; protection des sites, études de l’impact de l’homme sur le continent.

- Une journée en mer après avoir quitté Ushuaïa en direction du continent blanc, nous longeons les îles de l’Archipel de Shetland, à la latitude 61° sud, traversant le passage de Drake et le détroit de Nelson ; à 21h sur le pont désert le capitaine lance un appel aux orques. Avec Léo, nous nous précipitons à tribord pour voir les 4 sabres, (4 nageoires dorsales) fendre l’océan. Nous sommes excités comme des puces. L’Orque est un des grand prince de l’océan. Et les animaux en liberté sont des baguettes magiques. Tout comme les glaces italiennes, elles font rugir à tout âge et de façon irrésistible, notre regard et plaisir enfantin.

En reposant nos jumelles nous sommes saisis par l’incroyable douceur avec laquelle l’Antarctique nous ouvre ses bras… les premiers icebergs sont là !

Pour la première fois depuis 45 ans, je suis en admiration éperdue devant cette Nature à la fois hostile et de pure merveille.

- Dans notre vaisseau spatial, nous profitons des conférenciers passionnés (biologie marine, historiens d’expédition, géologues, glaciologues). J’étire chaque journée jusqu’aux lueurs continues de la nuit. C’est carrément détestable de devoir aller dormir. Je me lève à 4h du matin pour boire encore ces aurores. Bernard notre guide francophone nous contamine sa manière d’imprimer à jamais ces saveurs et frissons qui nous traversent tous.

- le 13 janvier 2013 nous accostons sur la terre antarctique. 2 jours plus tard nous risquons une baignade dans l’océan, et Léo sera le seul courageux à plonger la tête entièrement sous l’eau.

- Marcher sur un iceberg d’Antarctique avec ses phoques de Wedell et Manchots acrobates…c’est comme manger 2000 glaces italiennes à la fois.

- Nous sommes au large de la base scientifique argentine «Esperenza », mais les glaces trop importantes nous empêchent d’accoster. Il faut poursuivre en direction de Brown Bluff, sur l’autoroute des icebergs tubulaires (= très grandes plaques de glace). Leurs tailles peuvent atteindre l’envergure de la France.

- Nous sommes au « soufflet de Neptune », passage réputé pour ses vents violents, et nous nous approchons de l’île de Deception. C’est un cratère marin dont un pan s’est effondré sous l’eau lors d’une éruption volcanique. Le passage d’entrée est étroit, moins de 200 m. de large. Nous sommes maintenant à l’intérieur de la Caldeira et débarquons dans la baie des baleiniers, dont le port servait à la chasse dans les années 1905. Peu de neige, pas de glace, mais des plages de sable et de roches. Les colonies de manchots Jugulaires sont présentes à perte de vue. Nous débarquons par petits groupes en zodiac sur la terre ferme avec nos combinaisons bleues ; nous sommes une centaine d’invités mutants devant des centaines des milliers d’hôtes parfois très curieux . Sur d’autres îles ce sont leurs frères manchots Macaronis, manchots d’Adélie, et manchots Papous que l’on peut observer.

- Dans la baie de Neko-Harbour, les baleines à bosses plongent au ralenti avec leur grande queue qui planent avant de s’enfoncer dans les profondeurs. En s’approchant trop près d’un couple, celui-ci se fait discret par sa technique des « troncs d’arbre »; plus rien ne bouge. Pendant de longues minutes, elles flottent comme mortes, collées l’une à l’autre. Dans les flots, la ruse est parfaite, on ne les repère qu’à peine.

- Le « pingouin » n’existe pas à proprement parler, c’est une erreur de langage, le terme de « manchot » est le terme scientifique correct. Les femelles manchots ont la faculté de garder le sperme dans des glandes au chaud, elles peuvent s’accoupler avec plusieurs mâles, et garder plusieurs spermes dans différentes glandes, et activer la fécondation des ses ovules au moment propice !

- Le 17 janvier, nous découvrons le cimetière des icebergs dans le passage très étroit et sublime du chenal d’Errera, entre l’île de Rongé et la péninsule d’Arctowsky. Le faible fond à cet endroit piège les icebergs qui s’y stabilisent, fondent et meurent. Notre route se poursuit vers le détroit de Gerlache, puis les îles de Brabant, d’Anvers, et de l’Archipel Palmer. Suit le canal Lemaire, l’île de Yalour, la base de Port Lockray sur l’île de Goudier, où nous trouvons la seule poste d’Antarctique. Dans une dizaine d’heures, nous retrouverons le cap Horn, avant de rentrer sur Ushuaïa.

Salar de Atacama (Chili)

Salar de Atacama (Chili)

Laguna Colorada (Parc National Sajama - Bolivie)

Laguna Colorada (Parc National Sajama - Bolivie)

Salar de Uyuni (Bolivie)

Salar de Uyuni (Bolivie)

Quebrada de Humahuaca (Argentine)

Quebrada de Humahuaca (Argentine)

Puerto Madryn (Argentine)

Puerto Madryn (Argentine)

Perrito Moreno (Patagonie-Argentine)

Perrito Moreno (Patagonie-Argentine)

Torres del Paine (Patagonie-Chili)

Torres del Paine (Patagonie-Chili)

Manchots Adélie (Antarctique)

Manchots Adélie (Antarctique)

Icebergs d'Antarctique

Icebergs d'Antarctique