Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Népal 2014 : De la jungle tropicale à l’Everest - Accouchement de la plus jeune démocratie du monde (Juillet-août 2014)

Pour voir quelques photos cliquez sur le lien suivant :

http://1drv.ms/1t48gPN

Népal 2014 : De la jungle tropicale à l’Everest - Accouchement de la plus jeune démocratie du monde

Sur la fin d’un grand voyage il existe beaucoup de derniers.

Le dernier mois, le dernier pays, le dernier lit, le dernier porridge, le dernier lundi, le dernier bouddha, le dernier café sans goût, et les derniers momos népalais (sorte d’excellent raviolis locaux).

Aujourd’hui, c’est le dernier jour d’Asie et du Népal. Mais se sont aussi les premières minutes du lent retour. Un régal étrange mais bien réel.

Destination « Népal » aura toujours sonné dans mon imaginaire comme un mythe : désert de glace, pays de montagnes et de sommets vertigineux. Ivresse à tout niveau ; sportive, visuelle, culturelle -d’un mode de vie épuré-, méditative, introspective.

Mais dans le voyage la réalité se joue de nos projections et les retournent fréquemment en un quart de seconde.

En provenance de Calcutta, le pilote nous fait tournoyer pendant une heure au-dessus des premières collines qui grimpent de la grande plaine indienne vers l’Himalaya. Impossible de s’engouffrer sur Kathmandu, les turbulences de la mousson bouchent complètement les basses vallées du Népal. Puis soudain on nous précipite dans nos sièges, une fenêtre ensoleillée s’entrouvre, l’avion slalome et pique dans la grisaille des cumulus. Kathmandu-la-débraillée, chaotique au possible et capitale paisible à la fois, ses petits immeubles à bas étages apparaissent à perte de vue sur une plaine verte-verte à 1200 mètres d’altitude. 5 à 8 millions de népalais vivent ici, sur un mode proche des habitudes des grandes villes indiennes. Les collines qui la cadrent sont densément arborisées, et lorsqu’elles ne le sont pas, elles sont complètement sculptées par les plateaux des rizières. Les bananiers sont même fréquents.

Mais pour atteindre les sommets les plus fous, je veux dire effleurer du regard les 8000 mètres, c’est une véritable initiation d’approche qui nous attend.

Le Népal, 3 fois grand comme la Suisse, pays des plus pauvres de la planète, avec 30 millions d’habitants qui se divisent essentiellement entre Hindouistes des plaines et des basses montagnes, et bouddhistes sur les hauteurs, est un pays court, trapus et construit totalement sur le modèle d’un mille-feuille, soit une suite d’empilement de paysages et de climats diamétralement opposés et variés, qui se repoussent à la verticale. C’est le moule totalement inverse de l’Inde, sa voisine, qui elle s’étend à perte de vue en basses plaines brûlantes, presque monotones et infinies.

Sur moins de 250 km de latitude, on passera du parc national de Chitwan à 60 m d’altitude seulement, dans une chaleur et humidité tropicale, avec rhinocéros, éléphants, tigres et autres félins de jungle «type amazonienne », au sommet de l’Everest (8848m) sur la frontière avec le Tibet chinois.

A 1000 mètres, dans les rizières louvoyantes ce sont tout les pays du Mékong (Birmanie, Laos, Viet Nam, Cambodge et Thaïlande) qui nous reviennent dans les yeux. Les familles entières sont affairées aux champs avec leurs buffles d’eau qui tirent les herses de bois dans les vases. On est plié en deux toute la journée, le visage rieur, des fagots de jeune riz que l’on distille tous les 40 cm dans la boue.

A 2000 mètres on trouvera de nombreux lacs, cerclés de pinèdes qui grimperont sur les versants de ces vallons aux collines très escarpées. C’est un climat de type continental, proche des forêts de l’Europe centrale, des grands lacs canadiens mais qui décline gentiment vers ces grands espaces des Rocheuses états-uniennes, et des plaines de l’Alaska estivale. (Au Népal on nomme « colline », toute montagne qui ne dépassera pas les 5000 mètres. Elles sont tellement banales, qu’aucune d’entre elle ne porte un nom propre. De 6000m à 7000m on commencera à parler de petits pics, et au-delà de cette altitude-là ces pics seront bénis, et appelés véritablement « montagne ».)

A 3000 mètres, les Hindous auront laissés la place aux Bouddhistes. Il fait encore bien tiède, la terre encore grasse et verte. Les rivières deviennent torrents sportifs. Les derniers vergers de pommiers s’éclipsent. Les arbres font place aux hautes herbes. On entre au paradis des sangsues, surtout en période de mousson. Selon les coins on peut en cueillir plus d’une centaine en un tour de jambes. Vides et « affamées » elles mesurent 3-4 cm de long pour 1-2 mm d’épaisseur. Elles se déplacent rapidement sur une ondulation surprenante et très belle en « Oméga ». Elles détectent instantanément avec finesse la chaleur de nos peaux, et du coup elles s’enfilent ni vues ni connues dans les chaussures, ou sous le col des chemises. En 10 minutes leur suçon indolore les fait décupler ou vingtupler de volume en épaisseur. Pour s’en débarrasser il suffit de les arracher assez sèchement, mais elles laisseront une auréole violacée une bonne semaine sur la peau, et leur injection de produit anticoagulant vous fera saigner bien plus longtemps que d’habitude. Contrairement aux tics, elles ne transmettent pas de maladie. Le sel à portée de main est la meilleure arme pour s’en défaire. Nous aspergeons celle que Léo a sur le haut du dos, presque instantanément elle lâche prise et se convulsionne puissamment, l’énorme volume de sang humain est relâché et s’épand sur la table, le tuyau noir de la bête se ratatine jusqu’à tomber comme un copeau de pomme séchée, raide mort au sol.

A 4000 mètres on entre enfin en climat de pâturage alpin. L’herbe est rase.

Les longues passerelles suspendues pour traverser les cascades sont comme les mailles d’un gros appareil dentaire qui relie une énorme mâchoire de caillasse à sa voisine. Elles ont toutes été offertes par les fonds au développement ruraux ; suisse et américain (SDC et USaid).

A 5000 mètres le souffle est déjà court, il commence à neiger, et il fait enfin frais ou froid. Le plaisir des doigts, des genoux et des chevilles engourdis nous a tellement manqué ces six derniers mois en Inde, que nous ressortons avec plaisir du fond du sac notre équipement Gortex. L’odeur de belle moisissure qui s’en dégage agit comme une morse de chocolat Ragusa qui peine certes à fondre sous la langue, mais avec laquelle on plisse les yeux, on s’aspire les joues vers l’intérieur en se fermant les lèvres en cul-de-poule, histoire d’en tirer le maximum de saveur. Ce petit hors d’œuvre passé, on rouvre les yeux face à l’immaculé : plus de 3500 mètres de glace grimpent encore au ciel et vous mettent définitivement K.O. L’œil est si proche des crêtes des « 8000 ». Les lignes, les taches, les pointes, les creux, les bombés, les brillances, les reflets, les courbes, les dents-de-scie font trembler le silence. Des avalanches résonnent dans cette perfection. La montagne est parfaite et sublime. Dans ces lignes l’imaginaire peut tout inventer, y lire toutes les émotions humaines, y trouver le rythme de tous les sentiments humains. La Nature est une des plus puissante source d’émotion qui soit, étonnement plus forte que toutes les inventions scientifiques, artistiques et religieuses réunies. Pas étonnant que l’Homme ait tant besoin d’y raccrocher son concept du « Divin ».

Dans cette Nature insolite, la soliste soprano c’est la Montagne. Et sa star absolue c’est le « Sagarmatha» (la mère des mères népalaise), et pour nous le Mont Everest.

La montagne nous attire parce qu’elle cale, elle ancre sans idée préconçue, sans opinions et sans concept. La montagne n’explique rien, elle révèle le battement des cœurs, par là d’où suintent nos envies, nos désirs profonds et nos espoirs. Elle dissout tout le reste. Elle allège et densifie, bonifie les souffles qui s’y plongent. Si cette Patchamama pouvait prendre la plume elle nous dirait sans détour qu’un citadin sans montagne dans sa vie, est un Homme qui n’a pas vécu.

En 1953 le néo-zélandais Edmund Hillary et le sherpa Tensing Norgay deviennent les premiers humains à se tenir sur le toit du monde, assistés d’oxygène. L’italien Reinhold Messner (en 1978) sera le premier puriste à y parvenir sans rien. Ces exploits totalement surhumains lui coûteront quelques doigts de pieds et phalanges de main en moins et passablement de visions troublantes du Yéti pour le reste de sa vie.

Dans les années 90’ la culture de montagne perd passablement de son aura au profit de la Star Academia de l’exploit. Les guides et leurs agences prétendent pouvoir faire monter n’importe quel amateur fortuné au sommet des 8000. En 1996 le journaliste grimpeur états-unien Jon Krakauer participe à une expédition de l’Everest dans le but d’y faire un reportage sur le thème de la commercialisation galopante des hauts sommets. L’expédition tourne à l’horreur. Il en sort 6 mois plus tard un ouvrage extraordinaire « Tragédie à l’Everest », qui relate des conditions extrêmes de l’Himalaya, des rapports humains des montagnards de formule 1, leurs codes, leurs aspirations, leurs égos, les rêves et les égos de leur clients ; une véritable saga avec 17 morts sur 12 jours. Une sorte de grimoire de la cupidité, de la souffrance et du non-plaisir de l’exploit (in)humain, de la résistance incroyable d’un corps d’homme face à la mort, de l’ignorance insouciante de l’amateurisme, beaucoup de tristesse, et des actes insensés de sauvetage, de bravoure comme seuls les héros en sont capable. Des corps morts, qui ressuscitent, qui se relèvent dans la tempête à -50° et qui descendent centimètre par centimètre vers l’avant-dernier campement à 7500 mètres. Des corps noircis dont on coupe et recoupe les joues, les nez, les doigts, poignets, bras, jambe, dont on arrache les peaux qui pourrissent, dont on change un œil gelé pour une bille en verre. Mais des corps qui continueront à témoigner de la vie, de ses regrets et de son essence ; à savoir prendre dans ses bras, si l’on en a encore, les gens que l’on aime.

Cette critique acerbe et touchante (d’il y a 20 ans) de ce microcosme, n’a rien perdu de sa véracité. Il faut aujourd’hui en 2014 débourser 70'000.- dollars par tête de pipe à l’Etat népalais pour avoir en main son permis d’ascension !

Une équipée de 6-8 grimpeurs va donner du travail à 300 porteurs-sherpas pour acheminer les tonnes de matériel dans les 5 différents camps d’altitude (Camp de Base à 5364m, 1er campement à 6065m. 2ème campement à 6500m. 3ème campement à 7470m. 4ème campement à 7920m.). Contrairement au salaire actuel d’un guide de montagne népalais, qui est d’environ 230.- Euros/mois, un porteur d’altitude va pouvoir, au prix des kilos hissés, gagner en une expédition de 4 à 6 semaines un salaire d’environ 2500/3000.- dollars, soit plus d’un salaire annuel. La concurrence est extrêmement rude au portillon. Ces sherpas pour la plupart illettrés prennent des risques énormes. En avril 2014 16 guides-sherpas népalais périssent ensevelis dans une avalanche, alors qu’ils traversaient des crevasses dans la cascade de glace du Khumbu, sur un pont d’échelles alu reliées entre elles. Leur motivation pour la plupart n’est pas l’ivresse de la montagne, mais de monter maintenant pour que leurs enfants n’aient plus à y monter demain. Avoir de quoi redescendre définitivement à Pockara ou Kathmandu, leur payer des études, qui n’existent que privées, et hors de prix pour ces villageois bouddhistes des grandes hauteurs.

Avec le développement depuis bientôt 40 ans du tourisme de randonnée, qui vend des packages ruisselant de profit depuis l’Europe, les paysans bouddhistes ont compris où se trouvait la manne. Où, dans un avenir à court terme ils pourraient « s’en sortir ». Pour beaucoup ils ont lâché l’exploitation de leur terre, pour aller s’agglutiner au fond des vallons des tracés de trek, y vendent bonbons, snikers et cocas, proposent quelques omelettes, spaghettis, macaronis, mueslis, porridges et tartines. Dans le massif des treks des Anapurnas il n’est presque plus possible d’y trouver un plat local népalais. Les prix d’une tasse de thé sont une farce (seul le site du Machu Picchu au Pérou a eu le culot de faire mieux).

Selon les vallons que vous foulerez, ce Népal d’altitude vous apparaîtra soit féérique-intemporel, soit corrompu et prostitué, les mythes vendus. N’en voulez pas aux marchands des rêves rapides, qui proposent 200'000 sauts pendus en élastique, en planeur, en voile solo, bi, tri. Rafting à la chinoise, pagaie télescopique, éjectable, portait vidéo go-pro de notre meilleure grimace électronique dans l’éclat d’un stress jouissif.

Les circuits ont repoussé aux oubliettes les rapports humains normaux, l’argent est l’aimant qui attire, obnubile et repousse, et l’ambiance y est forcément devenue parfois particulière.

La Montagne cependant reste magnifique, et pour résister aux nombreux petits magouilleurs qui vous fatiguent, tant leur ingéniosité est efficace (et vous entourloupent parfois comme des débutants même après 2 ans de voyage !) il ne nous reste que l’indispensable besoin de s’inventer nos décalages.

J’aime Nicolas Bouvier non pas pour son tracé exceptionnel de voyage de l’époque à travers l’Iran, l’Afghanistan et autres contrées, mais surtout parce qu’il écrit le voyage sans décrire, il invente sans cesse une langue d’imageries, à multiples entrées, qui nous fait voir une chose pour une autre. Qu’une sensation, qu’une forme, qu’un volume, qu’un son, ne sont que des prétextes à élargir-étirer-agrandir-élasticifier nos propres sensations, visions de formes, de volumes, de point de vue sur le genre humain. C’est une manière de dire les couleurs de la vie, les finesses des sentiments humains dans un registre tout autre que les synopsis d’actions ou d’intrigues. On parle des hommes sans les mettre en scène, mais en les filtrant à travers les impressions que nous renvoient l’organique et la nature. Au final ça fonctionne extrêmement bien. C’est ce qui m’apparaît comme un exemple puissant et inspirant sur le « décalage », exactement ce que le tourisme est en train de perdre dans un rythme accéléré au Népal, dans un environnement qui pourtant pourrait se porter par excellence, à ce mode d’emploi naturel. Les écrits de la voyageuse Ella Maillard et les « Rêveries du Promeneur solitaire » de J.J. Rousseau sont également d’excellents compagne et compagnon pour s’obstiner à réinventer chaque jour son regard sur le voyage.

40 ans de tourisme, des afflux de devise énormes et aucune route sérieusement carrossable en dehors des quelques kilomètres de Kathmandu à son aéroport. De la défonce pure et dure.

Testez pour vous en rendre compte le voyage en bus « massage sismique » à la népalaise entre Jomoson et Pockara, entre 3000m et 800m, sur le retour des treks de l’Anapurna. Il se peut que vous en perdiez même vos plombages. Et les sportifs dont les clavicules, les genoux ou certains vertèbres ont été rafistolés à coup de visses inox, risquent bien de finir le voyage décomposés en multi-pièces.

Le Népal a subi un pillage pur et simple pendant toutes ces années, une extorsion de fonds totale. Les grosses Jeep 4 x 4 affluent pourtant comme des petits pains pour certains tenanciers de guesthouse en montagne. Mais entre ceux qui encaissent et ceux qui cravachent, qui portent et se plient, le fossé (comme en Inde) est exponentiel. La destination directe des profits est l’Australie et surtout les U.S.A. C’est l’équation du rêve népalais de l’hindo-bouddhisme 2014.

Dans son histoire proche le pays a été dirigé par 253 ans de monarchie féodale absolue, et ce jusqu’en 2006. En 1996 le peuple entame son soulèvement contre cette aristocratie, essentiellement hindouiste, composée de 35 familles de haute caste qui pompent littéralement le pays. Une guérilla de type maoïste prend les armes. Après 10 ans de combats le roi est délogé, et les maoïstes gagnent très largement les premières élections libres de l’histoire du Népal. Mais après moins d’une année à la tête de l’Etat, ils annoncent qu’ils ne voient l’avenir du Népal qu’à travers un gouvernement délibérément monopartite. La panique s’empare des népalais qui demandent de nouvelles votations. Les maoïstes perdent leur avantage et une formation tripartite s’entredéchire depuis 2008 pendant plus de 6 ans, sans jamais pouvoir former un gouvernement stabilisé. C’est seulement en novembre 2013 ( !), soit depuis moins d’une année, que la république fédérale démocratique du Népal peut prétendre, pour la première fois de son histoire, à se nommer une démocratie, peut-être la plus jeune démocratie actuelle de la planète. Dernièrement les gouvernements chinois et indiens se sont précipités chez leur voisin, pour lui proposer tous les investissements financiers possibles afin d’entamer l’exploitation de son énergie hydroélectrique, construction de multiples barrages. Le Népal ne veut plus se faire manger tout crû, il saisit enfin son opportunité de pouvoir s’asseoir à la table des négociations des grands carnassiers, mesurant l’importance géostratégique de son réservoir d’eau. La marge de manœuvre est certainement très faible…

Les défis, on s’en doute, sont énormes. Peut-être le mini mini début d’une timide répartition des richesses…on aimerait y croire, rien que pour l’humour !

Les Petits Riens :

- Finale « Brasil 2014 » chez les nonnes bouddhistes : Ça démarre en face du « Monkey Temple-Buddha Park » où nous retrouvons nos amis Pierre, Marie et leur fille Leila. Félix et Léo sont crispés. Ils sont fan de foot, c’est aujourd’hui la finale de la Coupe du Monde, et nous voilà invités à dormir dans un monastère chez…des centaines de nonnes bouddhistes, âgées de 4 ans à 80 ans, la tête rasée, pour beaucoup issues des vagues de réfugiés tibétains. Elles sont cependant extrêmement rigolotes et chaleureuses. Pour rejoindre la salle du thé d’accueil nous traversons la grande cour où elles sont une centaine, intensément impliquées dans des duos choréographico-philosophiques. En effet la première partenaire se tient debout dans sa toge bordeaux, de type entraînement d’Aïkido, et questionne sa compagne, assise au sol devant elle en tailleur-statue. Elle est complètement impassible, et ne peut bouger que par le bruissement de ses lèvres. Si sa réponse est bonne, sa compagne se lance dans un grand mouvement de plongeon-avant en claquant fortement ses deux mains, et cela 3-4 fois d’affilée. La cour résonne ainsi des rires des bonnes ou incomplètes réponses. C’est un peu comme un village entier de lavandières qui fouetteraient ensemble leur linge sale sur les roches en bord de rivière, …nous sommes si loin du Brésil. Mais les nonnes sont parfaitement dans le coup, et ont tout prévus. A 1 heure du matin elles se relèvent et nous invitent à les suivre sur la terrasse au 4ème étage. Une télévision grésille, les profs de l’internat sont déjà tous en place dans le petit temple du foot dressé pour l’occasion, les nonnes affluent et suivent avec nous la rencontre. Elles rient énormément lorsque les joueurs tombent et font la comédie. L’Allemagne dresse la coupe dans une tempête de confettis, et elles se précipitent au lit. Dans moins de 30 minutes, à 4 heures du matin à Kathmandu, certaines se relèveront pour démarrer la journée dans leur vrai temple avec leurs vraies prières et leur vrai rite aux offrandes.

- Drogues : Jamais on ne m ‘aura proposé sans gêne autant de drogues devant mes enfants en pleine rue à Kathmandu. Les treks du mois passé au Ladakh, nous auront creusé un peu plus que d’habitude l’arrière des fesses et des mollets et aplatis considérablement les pectoraux. , m’auraient-ils transformés à ce point le faciès en une gueule à la « Iggy Pop », ou carrément style-genre celle d’un toxico ravagé ?

Kathmandu, le 4 août 2014

Népal 2014 : De la jungle tropicale à l’Everest - Accouchement de la plus jeune démocratie du monde (Juillet-août 2014)